Edito

Le mot d’ordre : fluidifier le marché en donnant aux acteurs ce dont ils ont besoin, du temps et des ressources.

Laurent David, Directeur général aux Echos Publishing
par Laurent David Directeur Général, Les Echos Publishing
Publié le 05 mars 2026 à 10:23
par Laurent David

Le besoin de logements est considérable. Le volume de bureaux qui ne sont plus adaptés aux nouveaux usages explose. Le nombre de centres commerciaux qui ne sont plus en phase avec les besoins des populations devient préoccupant. Sans oublier les EHPAD ou les établissements de santé qui deviennent inadaptés.

A chaque fois, il faut le reconnaître, nous sommes collectivement confrontés aux effets d’une absence d’anticipation des changements démographiques, sociaux, économiques et environnementaux.

Que devons-nous faire ? Transformer, en évitant de démolir pour reconstruire, en imaginant les besoins futurs, en privilégiant la création de valeur durable pour que ces projets soient à la fois réalistes et rentables.

Mais nous sommes empêchés : d’abord par la perte de valeur de nombreux actifs qui prive leurs propriétaires de la possibilité d’engager ces transformations ; par les règles d’urbanisme qui ne favorisent pas la réalisation rapide de ces opérations ; par les règles fiscales qui ne tiennent pas assez compte des cycles de vie des actifs ; par des règles prudentielles qui sapent les capacités d’investissement ; enfin, par les postures politiques locales et par un manque de considération du gouvernement pour le secteur immobilier comme composante à part entière du potentiel de rebond économique.

Le mot d’ordre : fluidifier le marché en donnant aux acteurs ce dont ils ont besoin, du temps et des ressources.

Le mot d’ordre doit donc consister à fluidifier le marché en utilisant des outils donnant aux acteurs ce dont ils ont besoin : du temps et des ressources. Pas de pensée magique, il y aura des pertes. Mais les acteurs de la place (banquiers, fonds, promoteur, investisseurs…) ont travaillé ces dernières années afin qu’émergent des propositions dans les nombreux rapports et travaux réalisés tant au Parlement qu’à la demande des gouvernements. Gageons que l’élection présidentielle sera l’occasion de voir enfin prises des mesures à la hauteur des enjeux auxquels la société doit faire face.

Il ne s’agit pas tant de sauver des rentiers de l‘immobilier de leur impéritie que de fournir des logements, des équipements publics, des bureaux adaptés aux besoins de la population et des entreprises, sans lesquels tout espoir de redémarrage de notre croissance serait utopiste. De nouvelles prises de risques seront nécessaires. Mais n’est-ce pas là l’essence d’une saine économie ?